Interview MyJoliMom : Hapsatou Sy, une mumpreneur au grand cœur

Hapsatou Sy ne s’arrête jamais. D’inventer, de se réinventer, de penser à aujourd’hui, à demain, à un futur qui sera celui de femmes entrepreneurs engagées. Pour notre société, notre monde sans cesse en mouvement. À nous de prendre le train en marche, et d’être des actrices à part entière.

À tout juste 37 ans (nous en profitons pour lui souhaiter un très bel anniversaire !), cette femme pétillante est une entrepreneur dans l’âme. Après avoir créé à 24 ans, Ethnicia, un concept d’espaces de beauté à Paris, elle représente l’entrepreneuriat français au G20 Yes, puis est nommée Rising Talent lors du Women’s Forum de Deauville en 2010. Ensuite, elle développe différentes marques de cosmétiques en France et à l’international. Elle lance également une marque de prêt-à-porter, antiKOD. Aujourd’hui animatrice dans l’émission Les Terriens du dimanche ! de Thierry Ardisson sur C8, elle a écrit son premier ouvrage Partie de rien, témoignage sur son parcours d’entrepreneur. Maman heureuse depuis 2016, elle mène plusieurs vies en une. Une existence bien chargée, engagée, celle de se réinventer chaque jour en tant que femme pour mieux mener à bien ses idées les plus folles.

Rencontre avec un tourbillon de douceur, d’énergie et de force qui fait du bien au moral !

Femme, entrepreneur, animatrice, mère, comment faire pour tout concilier ? 

Finalement, nous sommes juste comme les autres femmes qui ont des métiers différents des nôtres. Si je disais que j’étais overbookée par mon rythme de vie, je manquerais de respect à celles qui ont une vie différente, de salarié, et qui ont, en plus, 3 ou 4 enfants. Je n’ai qu’une fille, et avec toutes mes activités cela représente énormément de travail, mais c’est le cas aussi de beaucoup de femmes.

Je m’organise, je fais en sorte de réserver des moments privilégiés à mon bébé, et le reste du temps je suis à fond sur mes projets, tout en m’aménageant du temps pour moi.

C’est aussi la liberté qu’offre l’entreprenariat, on est libres de gérer son agenda comme on veut, comme on le peut.

Racontez-nous comment et pourquoi avoir lancé votre propre marque de cosmétiques ? 

J’avais envie de m’amuser, d’être entrepreneur dans un secteur qui m’intéresse, et de confronter ma culture peule et occidentale.

De me lancer dans un milieu qui me passionnait, la beauté, de créer des produits différents, d’y transmettre un peu de folie, de raconter une histoire. Celle non pas des égéries mannequins mais des wonderwomen qui portent à bout de bras leur aventure et leur envie de liberté.

J’ai eu beaucoup de difficultés, et je galère encore ! (rires). Chaque étape de l’entreprenariat est difficile : au début, on est trop petit, puis on commence à grandir mais on est pas assez gros, ensuite on a une croissance, mais il faut la financer. À chaque étape, il faut financer, tout en recrutant de nouveaux profils qui vont permettre à l’entreprise de s’adapter à son environnement…. Des galères certes, mais des joies inouïes ; si je suis une femme épanouie et libre aujourd’hui, c’est grâce à cette aventure entrepreneuriale.

On ne peut pas réinventer son entreprise, sans se réinventer soi-même, surtout lorsque notre boîte est incarnée, comme la mienne ou la vôtre, elle représente votre ADN.

L’entreprise a besoin d’une réadaptation permanente, de nous-même, d’avancer tout en appréciant chaque étape, chaque effort accompli. On a tendance à regarder le verre à moitié vide alors qu’il est à moitié plein, ce qui est déjà un exploit. Il est essentiel de conserver cette énergie nécessaire à l’avancée du projet.

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Quelles valeurs voulez-vous défendre à travers vos produits de soin ? 

Je voyage beaucoup, je vais notamment énormément en Afrique. Quand je vois les ravages du plastique sur les plages de Dakar, les produits de soin affreux que se mettent les femmes sur la peau parce qu’elles n’ont pas le choix, et que tous les cosmétiques du monde qui ne sont pas autorisés à être vendus sur les marchés occidentaux le sont évidemment en Afrique…. Je vois aussi tout ce que l’on constate enquête après enquête, le mal que peuvent faire des produits qui sont censés nous faire du bien…. Je me pose la question en permanence, sans être à l’objectif que je souhaiterais atteindre, de quelle façon réinventer notre monde.

La valeur essentielle que je veux défendre à travers ma marque de cosmétiques, est de dire que la beauté n’est pas là où on le pense ; sur les couvertures de magazines photoshopées.

Je suis la première à être comme les autres, je ne mesure pas 1m80, et j’ai des imperfections ! En sortant de ma grossesse, j’avais des kilos en trop, je ne me suis pas mis la pression pour les perdre parce que je voulais vivre autre chose à ce moment-là. Dans cette société où on nous impose beaucoup de choses, j’ai envie de prôner une beauté authentique.

Aujourd’hui, à 12 ans, les jeunes filles regardent sur youtube comment se maquiller. J’aimerais qu’elles apprennent à entreprendre, à être des femmes libres, engagées, à prendre en main leur destin, et à ne dépendre que d’elles. Nos égéries sont des femmes engagées, aux projets accessibles. C’est ça la beauté, une femme qui s’accomplit, et qui continuera de vivre ses rêves jusqu’au bout.

Quel changement a opéré en vous la maternité ?

Je n’étais pas très attachée au matériel, j’ai su gagner de l’argent, et en perdre beaucoup aussi. Je prends des risques pour mon entreprise.

En devenant mère, j’ai déplacé complètement mes priorités. Le matériel compte encore moins, en revanche les moments que je vais partager avec ma fille sont essentiels.

Je délègue beaucoup plus, et j’ai développé au sein de mon entreprise la notion d’intrapreneur : je n’ai pas d’exécutants, et je n’en veux pas. Je travaille avec des gens qui sont force de proposition pour résoudre un problème, qui font partie intégrante de l’aventure. Qui lancent des idées que je veux tester, même les plus farfelues.

Cela me libère énormément de temps pour ma vie de maman. J’affronte les échecs et les réussites avec mes équipes. En devenant maman, je me suis recentrée sur la relation humaine, et accentué mon envie de liberté. J’ai toujours autant envie de prendre des risques, et je suis encore plus folle qu’avant ! (Rires)

Un conseil de mumpreneur à toutes les futures et jeunes mamans qui veulent se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat ?

Être une super maman, c’est être avant tout être une super femme. Il faut aller au bout de son ambition, sans se dire qu’un enfant sera un frein. Sinon, le « plus tard » deviendra « jamais ».

Devenir maman, ce n’est pas mettre entre parenthèse ses rêves et ses projets. C’est plutôt inspirer ses enfants. Il faut se réaliser.

Ma grossesse a été une source d’inspiration, les trois derniers mois j’ai écrit mon livre…. A vous de combiner cette nouvelle vie, si vous y parvenez ce sera encore plus fou.

Hapsatou Sy dans 10 ans ? 

Encore plein de bébés ! (rires)

De nouveaux projets, jamais dans l’ennui, et à la tête d’une entreprise qui sera internationale, et qui véhiculera une autre vision de la beauté.

Que vous évoque MyJoliBag ?

Je n’ai même pas eu envie de déballer le coffret tellement il était bien emballé ! J’ai aimé l’effet de surprise, l’odeur qui s’en dégage, et toutes les attentions à l’intérieur.

 

Photos © Les Bandits

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