Interview spécialiste : Fabien Lequenne, un homme sage-femme dans la vie des mamans !

Son nom peut porter à confusion et pourtant, le métier de sage-femme n’est pas uniquement réservé aux femmes, au contraire. La profession ouvre de plus en plus ses portes aux hommes. Ils ne sont que 2 à 5 % en France, mais cette magnifique vocation se diversifie d’année en année. Si le terme « maïeuticien » a été inventé par l’Académie Française lorsque les hommes ont été autorisés à exercer cette profession – il n’y a pas si longtemps que cela, en 1982…- le terme n’est aujourd’hui que rarement utilisé. On parle plutôt « d’un sage-femme », ou « d’un homme sage-femme ».

Le ou la sage-femme fait partie intégrante de la préparation de futurs parents à la maternité, s’ils le souhaitent. Il ou elle accompagne le couple à l’arrivée de ce grand chamboulement de vie, pour mieux appréhender ses différentes étapes : la grossesse, la préparation à l’accouchement, et le retour à la maison avec son nouveau-né. Un véritable soutien, des conseils avisés et une oreille attentive à une étape de la vie où l’on perd souvent ses repères si précieux.

Nous avons rencontré Fabien Lequenne, passionné par l’univers de la maternité, sage-femme, sophrologue et hypnothérapeute. Il nous a raconté l’évolution d’un métier dans l’intimité des futures et jeunes parents, qui évolue chaque année un peu plus. Conjoint d’Audrey, co-fondatrice de la marque de produits de soin pour futures et jeunes mamans Daylily Paris (l’une de nos marques fétiches que nous avons sélectionnées pour nos Bags !), il offre son expertise médicale, pour mieux comprendre les changements du corps de la femme pendant la grossesse, et ses besoins. Ses patientes permettent à Audrey et Diane de Daylily Paris de mieux comprendre les envies des femmes, et de connaître leurs avis sur les produits !

Un échange riche et passionnant !

Pourquoi avoir choisi cette profession ?

Lorsque je me suis orienté vers mes études supérieures, je voulais être dans le milieu de la santé. On a désormais accès à plusieurs professions dont sage-femme. Je n’avais pas forcément prévu de choisir celui-ci, même si je ne l’avais pas mis de côté. En fonction de mes résultats aux examens, l’opportunité s’est offerte à moi. Cela fait presque 11 ans que je suis diplômé.

Depuis les 10 dernières années, de nombreuses compétences supplémentaires sont proposées : on peut désormais faire du suivi en gynécologie, ou encore, en passant certains diplômes, de l’échographie.

Au fil des années, je me suis spécialisé en préparation à l’accouchement et en coaching, je suis également sophrologue et hypnothérapeute. Diversifier, se spécialiser, c’est passionnant !

Depuis que vous exercez, trouvez-vous que la grossesse soit plus ou moins médicalisée ?

Je rencontre majoritairement mes patients au cabinet. Ce que je ressens au sein des maternités ou auprès de ceux qui viennent me voir, c’est leur besoin de davantage de physiologie, et moins de médicalisation. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas médicaliser, mais de façon plus équilibrée : une femme qui va donner naissance à un enfant a envie de s’approprier son accouchement, de s’épanouir dans sa grossesse. Que cette mise au monde soit surveillée, mais pas trop médicalisée. Les sages-femmes et les maternités l’ont assez bien compris.

Dans la préparation à l’accouchement, de nombreuses femmes viennent également me voir pour cela, car la sophrologie, l’hypnose sont autant de méthodes où l’on en est l’acteur. Il y a de plus en plus de salles natures, avec des méthodes plus naturelles.

Je pense que nos mères étaient plus dans la médicalisation avec des péridurales sur-dosées par exemple.

Que pensez-vous des violences obstétricales dont on parle beaucoup actuellement ?

Je pense qu’il ne faut pas être dans l’extrême, mais tout le monde a des progrès à faire. Les patientes doivent s’approprier leur accouchement : beaucoup de femmes pensent que cela  va être le travail de la sage-femme, du médecin. C’est ce que j’explique à mes patientes, si vous ne voulez pas avoir une épisiotomie, il faut le dire, car les taux sont encore trop importants par rapport à une moyenne nationale. Cela signifie que les hôpitaux, les sages-femmes, les médecins doivent encore progresser. Mais il ne faut pas oublier que certains actes médicaux sont nécessaires.

Tout le monde doit se remettre en question, les professionnels de santé, mais aussi les patientes, pour que les pratiques évoluent. Un certain nombre de femmes ne se préparent pas à l’accouchement, pensant qu’elles n’en auront pas besoin.

Ces remises en question déboucheront sur une meilleure prise en charge, un meilleur vécu de ce moment unique si particulier.

Quel est le plus important dans l’accompagnement des futures mamans ? 

L’accouchement est souvent vécu comme une épreuve qui va être terrible, comme une souffrance. Alors que l’on sait que les femmes qui arrivent confiantes, avec des techniques pour gérer le stress, la douleur, vont vivre un moment qui peut être extraordinaire, en surmontant les difficultés. C’est mon objectif, que les futurs parents puissent s’épanouir dans la grossesse et l’accouchement. Notamment en leur donnant des techniques pour eux, pour leur couple. Le moment de la naissance est souvent une première étape pour mieux se connaître, travailler sur soi et réussir ensemble cette nouvelle vie de parent. C’est une épreuve qui permet de travailler sur des ressources personnelles.

Et les papas ? Comment les accompagnez-vous tout au long de cette grande aventure ?

Dans les séances en couple, je leur donne des outils pour mieux appréhender cette étape, afin qu’ils puissent servir de soutien. Les situations sont variables, parfois les papas sont présents, d’autres non. Dans l’ensemble on essaie de les inclure pour qu’ils puissent être aux côtés de la maman dans l’accouchement et avoir leur place.

La parentalité se fera différemment, plus tardivement pour un père, il est important de leur laisser leur place.

En tant que sage-femme, êtes-vous formé sur les problématiques des perturbateurs endocriniens ? Comment conseiller les parents sur ces questions de santé environnementale ?

Lorsque j’ai été diplômé, on en parlait pas du tout. Je fais partie du réseau des sages-femmes de périnatalité de Paris, nous avons accès à beaucoup de formations, notamment sur ce sujet, et tous les sujets de santé, comme la vie domestique par exemple.

C’est un problème de santé publique qui commence à prendre de l’ampleur, donc cela fait partie de démarches personnelles, de documentations, de discussions entre collègues. C’est le début pour l’instant.

J’y ai été sensibilisé grâce à Daylily car nous avons travaillé ensemble, j’ai appris un certain nombre de choses et j’en parle à mes collègues et mes patients.

La législation est encore légère par rapport à ce sujet, et aux ingrédients dans les produits de soin pour femmes enceintes et bébés. Beaucoup de marques me sollicitent pour distribuer des échantillons, dépensent de grosses sommes pour leur communication et leur commercialisation. Elles devraient au contraire être plus attentives aux compositions de leurs produits, dont les formules n’ont pas été revues depuis 10-15 ans, bien que les études médicales aient grandement évolué sur ce sujet.

Nous sommes en contact direct avec les parents, qui nous questionnent beaucoup sur la sécurité à la maison par exemple, en terme d’accidents domestiques. Mais sur la santé environnementale, les gens sont encore mal informés. Il faut avoir un discours modéré, sans leur faire peur, en les conseillant au mieux.

Un conseil à donner aux futures et jeunes parents ? 

Une grossesse est un moment précieux, on en vivra peut-être qu’une dans sa vie. Il faut s’écouter et pas trop se surmener, surtout dans les grandes villes où l’on a des vies surchargées. Profiter de ces temps précieux.

Avoir un enfant est une grande aventure, avec des moments extraordinaires et plus difficiles, il est important que les parents se soutiennent, et communiquent dans le couple. La parentalité peut devenir quelque chose d’extraordinaire. Ce qui est important dans tous les cas, c’est la solidarité.

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